Académique · 2026
Pavillon biochar
Une architecture qui disparaît
Une arche posée sur la Petite Ceinture parisienne. Sa peau dépollue le sol en s’y décomposant.
- Lieu
- Jardin des Traverses, Petite Ceinture, Paris 18e
- Année
- 2026
- Rôle
- Auteur : conception et construction
- Agence ou école
- PFE Master II, Digital Matters, ENSA Paris-Malaquais
- Statut
- Construit
Maquette 3D du pavillon : une arche de planches de bois cintrées, posée sur des fondations, portant des tasseaux et des cales, et couverte de membranes noires. La séquence la montre en plâtre, dans sa matière, en éclaté couche par couche, au trait, puis en plan.
01
Bâtir léger sur un sol qui porte déjà trop
Le Jardin des Traverses est un potager collectif posé sur l’ancienne voie ferrée de la Petite Ceinture. Ses traverses ont été traitées à la créosote, et le sol en garde des hydrocarbures lourds.
02
Une peau qui travaille en disparaissant
La membrane est une feuille souple chargée de biochar, un charbon végétal microporeux. Posée sur l’ossature, elle assure l’étanchéité, la protection et la régulation thermique.
03
Cousu au fil de chanvre
Les membranes sont cousues une à une au fil de chanvre et posées en grands patchs sur l’arche.
04
Une arche, quatre couches
Le chantier commence par les fondations, puis vient l’ossature, et enfin les membranes.
Une arche de planches de bois cintrées, avec une lambourde de 70 × 70. Elle a d’abord été assemblée à blanc, en atelier.
Des tasseaux de 40 × 40 et des cales de 40 × 60 ou de 40 × 40 portent la peau sur l’arche.
La durée d’usage des membranes dépend de leur épaisseur. Puis elles se fragmentent sous l’humidité et les micro-organismes, et le biochar reste dans le sol.
05
Dessiner la fin
La fin du bâtiment n’est pas un accident à retarder. C’est une phase du projet, dessinée au même titre que les autres.
06
Sur calque
Une coupe horizontale à un mètre, et le pavillon redevient un dessin d’architecte.
La créosote est un produit de conservation du bois classé cancérigène. Elle a longtemps protégé les traverses de rails de toute l’Europe ; la Petite Ceinture en porte encore la trace, alors même que ses talus sont aujourd’hui cultivés.
Y construire de manière conventionnelle reviendrait à ajouter de la matière permanente sur un terrain déjà chargé. Le projet prend le problème à l’envers : faire du bâtiment l’agent de la remise en état.





Crédits
Encadrants : Frank Minnaert, Anahita Mirani, Minh Nguyen, Nicolas Leduc
